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Archive : tous les articles


Lettre d’un intellectuel à Macron

Texte repris du blog de Médiapart. Par Matthieu Niango, membre du mouvement " A Nous la Démocratie ! " 


Monsieur le Président de la République,

Vous qui aimez les titres, ça va vous plaire, je suis Normalien et agrégé de philosophie.

J’ai exercé des fonctions en cabinet ministériel au moment où vous étiez secrétaire général adjoint de l’Elysée puis Ministre de l’Economie.

Je ne me sens pas plus bête qu’un autre ni moins cultivé. Et « en même temps », je soutiens les Gilets Jaunes—dont je me définirais, si j’étais prétentieux, un compagnon de route.

Leur cause est juste. Je savais, comme tout le monde, qu’il y avait un problème avec tous vos cadeaux fiscaux. J’ai découvert très récemment, dans Le Président des ultra-riches de Michel et Monique Pinçon-Charlot de quelle façon ahurissante, à coup de milliards, vous transfériez l’argent public vers les très grandes fortunes qui vous ont soutenu. Ça m’a choqué, comme disent les jeunes. Tout le monde devrait lire ce livre remarquable — à commencer par vous…

Je soutiens les Gilets Jaunes surtout parce qu’ils veulent mettre la démocratie en cohérence avec elle-même. Chez nous, le pouvoir n’appartient réellement qu’à vous seul. Un jour peut-être vous prendrez conscience du problème. Les samedis sanglants, les rapports d’Amnesty et les remontrances de l’ONU n’y suffisent pas — vous qui balayez d’un revers de main le référendum d’initiative citoyenne, pourtant le meilleur antidote contre la violence, à laquelle il substituerait le débat.

Moi aussi je m’estime cohérent en les soutenant contre tout ce qui peut diviser une Nation qui m’a permis de faire de belles études et d’avoir une carrière intéressante.

Donc j’en ai marre d’être régulièrement traité de débile par vous et vos porte-parole simplement parce que je suis du côté de la justice et de la cohérence. Rétablissez l’ISF, mettez en place le référendum d’initiative citoyenne et les samedis retrouveront leur tranquillité.

Mais si je vous écris aujourd’hui, c’est à cause d'une phrase que vous avez prononcée lors de votre rendez-vous avec des Intellectuels le 18 mars 2019 : « Je crois en des formes d’organisation du collectif. […] Je pense que les intellectuels ont cette responsabilité, car ils ont une autorité dans la société, qui est académique : ils savent plus de choses, et ils ont lu plus de livres »

Je trouve ça incroyable, à l’heure où des milliers de personnes qui n’ont pas cette autorité, se réunissent, organisent des discussions et des actions partout, sur les ronds-points ou dans le cadre de votre Grand Débat, d’appeler les « intellectuels » à organiser le collectif. Pardon pour eux, mais on ne les a pas attendus, et heureusement, vu le peu d’entrain qu’ils mettent à soutenir un mouvement qui a pour défaut principal à leurs yeux, semble-t-il, de ne pas placer des élites à sa tête.

Je trouve ça incroyable d’imaginer qu’il faille avoir lu des tonnes de livres pour pouvoir participer directement à la démocratie, ce à quoi nos concitoyennes et concitoyens aspirent.

Des livres, j’en ai lu plein. J’en ai même écrit. Pourtant je ne me sens supérieur à personne quand il s’agit de politique.

Car voilà bien le problème, Monsieur le Président de la République : vous ne savez pas ce qu’est la politique.

Vous faire élire, ça oui ! Bravo !

Mais la politique au sens noble, celle que réclament nos concitoyennes et concitoyens, c’est autre chose que l’art de séduire celles et ceux qui iront voter. Ce n’est pas non plus la science. C’est, précisément, ce qui échappe à la science. En démocratie, ce devrait être l’art d’énoncer et de résoudre collectivement les problèmes qui nous concernent tous.

Quel Intellectuel nous dira si tel impôt est juste ? Combien doit gagner un grand patron ? Une infirmière ? Si l’on doit installer ici un centre commercial qui créera de l’emploi mais abîmera la faune et la flore ? Quelle éducation nous voulons ? Ce que nous sommes prêts à faire collectivement pour lutter contre le réchauffement climatique (au lieu de mesures pesant uniquement sur une partie de la population et qui du coup ne passent pas, vous en savez quelque chose) ? Quelle culture voulons-nous ? Que voulons-nous voir sur les chaînes de télévision publique ?

Les livres et les Intellectuels nous aident à répondre à toutes ces questions. Mais ce n’est pas parce qu’on a beaucoup lu qu’on est plus apte à décider pour les autres de ce qui est mieux pour eux. Encore une fois, idéalement, la démocratie suppose que nous traitions tous, directement, des questions qui nous touchent tous. Elle est l’opposé de cette monarchie élective que vous cherchez à nous imposer — au risque du chaos, je ne plaisante pas.

Monsieur le Président de la République,

Dans votre livre Révolution, vous parlez de votre grand-mère, qui, enfant, vous a fait beaucoup lire. La mienne m’a avant tout donné beaucoup d’amour et un peu du bon sens qu'elle possédait énormément. Je ne l’estime pas moins légitime que la vôtre à participer à la démocratie. Ni moins que vous ou moi.

Vous lisiez Gide, Char, Eluard, Tournier. Lire de grands textes, je trouve pour ma part que cela rend humble. Des livres, je veux bien croire que vous en ayez lu beaucoup. Ma question est : qu’en avez-vous compris ?

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.

Matthieu Niango, membre du mouvement A Nous la Démocratie !  
 

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Par Oreeat • Actualités • Samedi 23/03/2019 • 0 commentaires  • Lu 786 fois • Version imprimable

Paul Ricœur et la crise des gilets Jaunes-verts-noirs : les solutions de convenances

ou : L’absence regrettable de la philosophie des Utopies au débat des intellectuels à l’Elysée


Par Jean-Joseph Boillot
Professeur de sciences sociales, auteur notamment de L’Inde ancienne au chevet de nos politiques, l’art de la gouvernance selon l’Arthashastra de Kautilya, éditions du félin 2017.



Le président Macron nous a assuré avoir lu Paul Ricœur. Alors il pourrait ressortir ce petit bijou « L'idéologie et l'utopie ». Il y trouverait les moyens de résoudre la crise actuelle plutôt que d’entretenir un cercle vicieux dont l'histoire de France nous montre qu'elle n'en n'est jamais sortie gagnante. Car quelle lecture peut-on avoir du blocage actuel avec les lunettes de Paul Ricœur si ce n’est la confrontation traditionnelle entre d'un côté une idéologie — en l’occurrence libérale — et de l'autre, trois utopies. En gros, deux schémas d'imagination qui s'affrontent sans trouver les moyens de créer une spirale positive grâce à ce que Ricœur appelle un jugement de convenance, ou tout simplement une sagesse pratique.

D'un côté donc, une idéologie, terme qui n'a rien de négatif en soi chez Paul
Ricœur. Elle appartient à la catégorie de l'imaginaire qui joue un rôle intégrateur essentiel dans toute société. Il s'avère cependant que dans sa fonction de légitimation du pouvoir, elle présente parfois de trop fortes distorsions par rapport à la réalité, bref qu’elle se transforme en pathologie. C'est un cas fréquent du reste avec l'idéologie libérale dont Karl Mannheim nous dit qu'elle consiste à croire qu'on peut faire le bonheur des peuples en leur imposant ce qu'on croit être le meilleur système : une société de marché.

En face, des utopies. Un terme qui n'a rien de péjoratif non plus dans la bouche de
Ricœur pour qui « une société sans utopie est une société sans dessein ». D'autant que l’utopie est toujours apparue comme un remède aux pathologies de l'idéologie, même si elle-même présente aussi des risques de pathologie : une fuite devant le principe de réalité, la fameuse non-congruence. Regardons les forces en présence.

Côté gilets jaunes, les moyens sont ceux de la désobéissance civile à la Thoreau, et l'utopie égalitaire s'inscrit assez bien dans l'Utopia de Thomas More (1516). La solution ici est clairement dans un effort significatif d'égalité et de meilleure prise en charge des besoins collectifs, et pour cela de faire payer les riches, c'est-à-dire la solution de Thomas Piketty mondialement acclamée.

Côté gilets verts, les moyens sont plutôt le Gandhi de la « marche du sel », et l'utopie de type république ajaoienne de Fontenelle (1682). La solution n'est pas non plus trop difficile puisqu’un pacte social en dix points a été présenté lors de la marche du siècle dont le seul inconvénient peut-être serait de faire payer quelques lobbies. Mais le jeu en vaut la chandelle, et la République en sortirait grandie.

Côté gilets noirs, ce qu'on appelle les « casseurs » pour ne pas avoir à regarder en face certaines réalités conformément d’ailleurs à la théorie de la dissimulation chez Paul
Ricœur, les moyens sont ceux de la révolution violente contre l'État de type Bakounine, et une utopie clairement anarchiste, qu'il s'agisse de celles d’Antisthène et de Zénon dans l’antiquité, ou de Proudhon plus proche de nous. Paradoxalement la solution n'est pas très compliquée et même probablement très économique : aménager des espaces d'expérimentations communautaires comme la question s'est déjà posée lors des affrontements autour de la ZAD de Nantes. Et les multiplier autant que de besoin dans une France rurale suffisamment vaste et en voie de désertification pour accueillir de tels projets.

Évidemment, toutes ces concessions ne vont pas de soir car, comme le dit
Ricœur, l'affrontement entre ces deux catégories se joue sur le point crucial de l'autorité. Céder ou ne pas céder. Composer ou ne pas composer. Avoir l’initiative ou purement réagir sur la défensive. Mais là, et là seul se trouve la possibilité d'une spirale positive entre l'intégration sociale grâce à l'idéologie et la capacité de subversion et d'imagination grâce à l'utopie. Est-ce impossible compte tenu des forces en présence ? Pas tant que cela. Et Ricœur de nous indiquer la solution : le « jugement de convenance », l’aptitude à apprécier ce qui est approprié, plutôt que de s’arcbouter sur des certitudes de moins en moins congruentes et donc légitimes. Cela relève de la sagesse pratique, et il n’y a aucune raison qu’un lecteur aussi assidu de Paul Ricœur n’en fasse pas preuve.


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Par Oreeat • Actualités • Jeudi 21/03/2019 • 0 commentaires  • Lu 227 fois • Version imprimable

Hervé Morin, nucléomane... Pendant ce temps l'État est attaqué en justice pour inaction climatique

Une note de votre serviteur et un article de "Reporterre"


 

Au théâtre ce soir…

 

Du haut de son estrade, au salon Nucleopolis, dans une envolée guignolesque, notre Hervé Morin 1er Tartarin nucléomane de notre Normandie a annoncé à la cantonade sa volonté d’accueillir à Penly non pas un, mais deux E.P.R. Car mon bon Monsieur, sur le deuxième, y’aura une remise…

Le premier E.P.R. de Flamanville devait coûter trois milliards, facture finale onze milliards. Au jeu de bonneteau, avec Jean Bernard Lévy et EDF, on perd toujours. Quelle facture au total, qui paiera ?...

« Pourtant », sollicité par un groupe d’experts normands signataires de l’Appel des 700 scientifiques français pour le Climat afin de proposer un ensemble de pistes appelé « Normandie Facteur 4 » en référence à la réduction par 4 de nos émissions de Gaz à effet de serre (GES) mais aussi de notre empreinte écologique car les deux mécanismes sont totalement liés en réalité. »


En réponse à ces propositions d’une région Normande, novatrice et plus vertueuse, Morin sort l’artillerie lourde…

 

***

 


ET PENDANT CE TEMPS, EN FRANCE... Un article du quotidient "Reporterre", avec leur aimable autorisation
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L’État attaqué en justice pour inaction climatique

18 décembre 2018 / Marie Astier (Reporterre)



Quatre ONG lancent mardi 18 décembre une action en justice climatique contre l’État français. Elles entendent démontrer que sa politique est largement insuffisante pour protéger les citoyens du changement climatique. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement international lancé depuis plusieurs années.


Ils ont décidé de l’appeler « l’affaire du siècle », parce que le climat est l’enjeu de notre époque. Quatre ONG — Greenpeace, la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), Oxfam et Notre affaire à tous — lancent ce mardi 18 décembre la première étape d’un recours contre l’État français. Il s’agit de faire reconnaître par la justice « l’obligation de l’État d’agir pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, et de protéger les citoyens dont les droits fondamentaux sont menacés », dit Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France. « On a essayé toutes les méthodes habituelles des ONG auprès des gouvernants, explique Célia Gautier, responsable climat et énergie à la FNH. Face à cette situation d’urgence absolue, on passe à l’étape supérieure, il faut mettre l’État sur le banc des accusés. »

La première étape consiste à envoyer une « demande préalable », sous le format d’une lettre, au président de la République, au Premier ministre et aux ministres concernés, expliquant les carences de l’État et lui demandant d’agir. Si la réponse n’est pas satisfaisante, les ONG saisiront le tribunal administratif d’un « recours en carence fautive ».

La demande préalable rappelle, entre autres, que la France est le pays européen le plus touché par le changement climatique et que la température y a déjà augmenté en moyenne de 1,4 °C. Pour démontrer l’obligation d’agir de l’État, les ONG font appel au préambule de la Constitution de 1946 et à la Charte de l’environnement — deux textes inscrits dans le préambule de l’actuelle Constitution — ainsi qu’à la Convention européenne des droits de l’Homme : ces trois textes consacrent le devoir de l’État de protéger la santé, l’environnement, ou encore la sécurité matérielle de ses citoyens. Par ailleurs, les associations requérantes estiment que l’ensemble des textes nationaux, européens et internationaux sur le climat, « permettent aujourd’hui de reconnaître l’existence d’un “principe général du droit” portant obligation de lutte contre le changement climatique ».

Sur le climat, « un gros décalage entre les objectifs et les résultats »

Puis elles montrent que l’État n’agit pas suffisamment. « En particulier en ce qui concerne les énergies renouvelables, les émissions de gaz à effet de serre, et la réduction de la consommation d’énergie, il y a un gros décalage entre les objectifs et les résultats, relève Célia Gautier. Même l’État, à travers le Commissariat général au développement durable, ou l’Ademe [Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie] le disent. Cela nous donne des billes. »

Ainsi, l’Union européenne fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 14 % en 2020 (par rapport à 2005). Or, depuis deux ans, les émissions de gaz à effet de serre en France sont reparties à la hausse. En 2017, le pays a produit 6,7 % d’émissions de plus que prévu. Du côté des énergies renouvelables, ce n’est pas mieux : elles fournissaient en 2017 16,3 % de la consommation d’énergie finale, alors que l’UE nous demandait d’atteindre 19,5 %. Il en va de même du côté de la consommation d’énergie. Dans le secteur tertiaire, la consommation n’a baissé que de 2 % entre 2012 et 2016, alors qu’il faudrait atteindre une diminution de 18 % d’ici 2023… Symbole politique récent de ce manque d’action, « l’absence de nos ministres à la clôture de la COP24 est une provocation irresponsable de nos pays riches face aux personnes les plus vulnérables en France et partout dans le monde », fustige Cécile Duflot.


L’écroulement de la vire du Trident à la fin de l’été 2018.
Dans les Alpes, les éboulements se multiplient et le lien avec la
fonte du pergélisol, qui sert de ciment aux roches, est aujourd’hui avéré.


L’État ne se donne pas les moyens d’atteindre ces objectifs, poursuivent les requérants, qui là encore accumulent les chiffres : ils citent notamment une étude de l’Institute for climate economics (I4CE) qui évalue un manque de 10 à 30 milliards d’euros d’investissements pour le climat en 2018.

En matière de protection des populations contre les effets du changement climatique, l’État ne fait pas mieux, estiment encore les associations. Alors que la Convention de l’ONU sur le climat préconise de s’adapter depuis 1992, la stratégie française date de 2006. « Et les plans ne sont pas suffisamment ambitieux et mis en œuvre, dit Célia Gautier. Par exemple, l’ensemble de la politique d’urbanisme est à revoir pour protéger les citoyens des fortes pluies, des inondations et des sécheresses. »

Pourtant, les conséquences de cette inaction sont en France de plus en plus visibles, comme l’a montré la série de reportages publiés en coopération par Basta, Mediapart, Politis, Projet et Reporterre : forte diminution de la neige dans les Alpes, logements indignes en Seine-Saint-Denis, ostréiculteurs touchés par le réchauffement de l’eau, agriculteurs frappés par la sécheresse, etc. Plus généralement, la fonte des glaciers, la hausse du niveau de la mer, la dégradation de la qualité de l’air, l’exposition à des phénomènes météorologiques extrêmes sont citées comme des conséquences de l’inaction politique pour l’environnement et les populations en France. C’est pourquoi les ONG appellent les citoyens à soutenir leur action.

Un mouvement international

Ce recours arrive dans un contexte de multiplication des actions en justice climatique. Elles sont portées par des citoyens, la société civile ou même des autorités locales, qui attaquent soit des gros pollueurs (comme les entreprises pétrolières), soit les États. Ainsi, en France, le maire de Grande-Synthe (Nord), Damien Carême, a lancé en novembre, avec l’emblématique avocate en droit de l’environnement Corinne Lepage, un « recours gracieux » contre l’État afin de lui demander de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Lui aussi saisira le tribunal administratif si la réponse est insatisfaisante. Toujours en France, des collectivités locales et des associations — dont Notre affaire à tous — ont décidé de lancer une action collective contre Total lui demandant de se conformer à l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.

Ces actions ont été précédées de bien d’autres à travers le monde. Dans l’Union européenne, le « People’s Climate Case » (recours climat citoyen) est porté devant la Cour de justice de l’Union européenne par dix familles affectées par le changement climatique. Autre action contre un État, le procès de « la jeunesse contre les États-Unis » a été lancé il y a plusieurs années par 21 enfants accusant l’État fédéral de violer leurs droits constitutionnels par une politique de soutien aux industries fossiles. En Allemagne, un paysan péruvien a pu déposer plainte contre RWE. Cette entreprise électrique est, avec ses centrales à charbon, le plus gros émetteur de CO2 d’Europe.


Les « jeunes » en procès contre le gouvernement étasunien.


Surtout, les organisations françaises s’inspirent d’une action qui a porté ses fruits aux Pays-Bas : celle menée par l’association Urgenda, qui a condamné le gouvernement néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, et à respecter l’objectif de moins 25 % d’ici 2020. « Après cette décision, la majorité parlementaire a proposé une des lois les plus ambitieuses sur le climat, au moins en Europe et sinon dans le monde, visant à réduire de 95 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 », raconte Marie Toussaint, présidente de Notre affaire à tous.


« Faire émerger un droit contraignant de la protection des biens naturels au niveau international »

En France, l’État a deux mois pour répondre à la lettre des associations. Si sa réponse est insatisfaisante, un recours sera déposé devant le tribunal administratif de Paris. Les organisations qui le portent espèrent qu’il aura plusieurs effets. « Une première victoire importante serait de faire reconnaître une faute de l’État pour manque d’action, indique Marie Toussaint. Cela pourrait être assujetti d’une injonction à l’État de tout faire pour rattraper son retard et atteindre les objectifs déjà fixés dans la loi. » La décision, a priori contre l’État, « peut aussi être un point d’appui pour le gouvernement pour mettre en place des mesures malgré les lobbys », ajoute la présidente de Notre affaire à tous.

La décision, si elle va dans le sens des associations, pourrait également être une jurisprudence utile, notamment pour la contestation devant les tribunaux administratifs des projets d’autoroute, d’aéroports ou autres, ayant des conséquences sur le climat. « Elle permettrait aux citoyens et associations de saisir leurs propres juridictions partout sur le territoire », espère Marie Toussaint.

« Il y a beaucoup de textes sur la nécessité impérieuse de lutter contre changement climatique, mais jusqu’ici on n’a jamais eu de décision d’un juge administratif qui constate cette responsabilité et cette carence », approuve Laura Monnier, chargée de campagne juridique chez Greenpeace. « Ainsi, la responsabilité d’une administration pourra être engagée sur le seul fondement du préjudice écologique, cela obligera à le prendre en compte de manière préventive. Et puis, une fois que l’on a une décision de justice, elle s’inscrit dans le temps même si on change de gouvernement. »

Enfin, « au delà de ça, on essaye de faire émerger un droit contraignant de la protection des biens naturels au niveau international », explique Marie Toussaint. « Après la lutte pour les droits de l’Homme, le combat de notre siècle est celui du droit à être protégés du changement climatique », ajoute Célia Gautier.

 


 

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Par Oreeat • Actualités • Lundi 04/03/2019 • 0 commentaires  • Lu 317 fois • Version imprimable

Tel Monsieur Jourdain, suis-je devenu antisémite sans le savoir ?

Une note de notre camarade Alain Laute



Tel Monsieur Jourdain, suis-je devenu antisémite sans le savoir ?



A en croire les commentateurs « objectifs » des médias les plus serviles, la France Insoumise et ses électeurs sont antisémites par « choix » !

Je ne savais pas que ma position antisioniste, parce que je suis antisioniste et que mon soutien aux peuples Palestinien et Israélien, a fait de moi un antisémite patenté.
C'est ce qui ressort de tout ce que j'ai entendu depuis plusieurs jours. Hier soir encore nos camarades Bompard et Bernalicis ont été pris à partie par une tribu de commentateurs « bien-pensants » et arrogants que je n'ose plus nommer « journalistes », sur les deux chaînes les plus objectives de France, la 15
BFM TV et la 16 – CNEWS. Et je ne parle pas de ce que Jean-Luc Mélenchon subit en ce moment.


Les tenants du pouvoir et des médias viennent de lâcher les chiens. Comme moi, vous les entendez aboyer et hurler à la mort dès qu'un FI se pointe à l'horizon, plus infréquentable à leurs yeux que le clan Le Pen. Aucune chance d'échapper au courroux de ces gens-là. L'anti Mélenchonise sert à masquer un « anti FI » sauvage dont le double objectif est d'affaiblir le premier pour mieux détruire le second.

Pour bien prendre, ce piège grossier s’appuie sur les attaques gravissimes menées contre des Juifs, parce que Juifs. C'est cela l'instrumentalisation et c'est abject.
Je vis cette période comme une véritable insulte. Insulte personnelle, insulte contre Jean-Luc Mélenchon, insulte contre 7 millions de personnes qui ont soutenu notre programme « l'Avenir en commun » et notre candidat à l'élection présidentielle de 2017. Ils le soutiennent encore aujourd'hui. Les sondages tentent de démontrer le contraire avec quelques difficultés.

Le Grand Capital a besoin d'exutoire contre ceux qui font barrage à ses objectifs. Les Juifs auraient donc le « profil » idéal pour cela, le même que les nazis pourchassaient en des temps encore si proches. Là encore, se servir des uns pour mieux abattre les autres reste une arme de destruction massive.

Dans ce climat, je ne vois pas, qui mieux que nous, en défendant les valeurs de la laïcité, protègeons la liberté d'exercer ses croyances sans craindre de personne dans un monde en Paix. Nul besoin de créer encore plus de lois liberticides, l'arsenal dont la loi française dispose est amplement suffisant, encore faut-il s'en servir à bon escient.

Ceux qui pilotent cette opération me rappellent un peu ceux qui ont fomenté le pire destin qui soit pour l'humain, sa destruction massive. Ils osent se présenter comme des Parangons de vertu donnant à qui mieux mieux, par l'intermédiaire de commentateurs zélés, des leçons d'humanisme et de respect à tout le monde en épargnant les leurs, charité bien ordonnée commence par soi-même.

Dommage que de trop nombreux commentateurs aient fait le choix délibéré de quitter tels des rats, le magnifique navire du journalisme pour aller se réfugier sur les terres arides de la médiocrité et de la servilité.

Mesdames et messieurs n'oubliez pas que l'histoire s'écrit avec celles et ceux qui la construisent, comme l'immense majorité des peuples, et dans le même temps rejette cette minorité néfaste dans les culs de basse fosse qui constituent leur monde.
Pour en terminer, je salue particulièrement ces nouveaux constructeurs de notre « Histoire » que sont les Gilets Jaunes, montrés d'un doigt accusateur et sans concession par les mêmes qui nous insultent.


Maintenant, ça suffit.



Alain Laute



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Par Oreeat • Actualités • Lundi 25/02/2019 • 0 commentaires  • Lu 279 fois • Version imprimable

Gilets Jaunes acte XIII, et loi anticasseurs chapitre II


 

Gilets Jaunes acte XIII, et loi anticasseurs chapitre II



La Commission des Lois de l’assemblée nationale a modifié l’article II du projet de loi anticasseurs.

Le nouveau libellé : « lorsqu'une personne constitue une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public, le préfet peut lui interdire de manifester. Si l'événement est déclaré, la personne concernée doit être avertie « au plus tard » 48h avant. En cas de non-respect de cette interdiction de manifester, la personne encourt six mois de prison. ».
Selon l’interprétation qui sera faite par l’autorité administrative de cette nouvelle loi, un manifestant ayant participé à des manifestations déclarées ou non, pendant lesquelles des actes violents ont été commis par des tiers, pourra se voir interdit de réunion s’il a été identifié comme participant par les services de police ou s’il a fait l’objet d’une convocation en justice. La détention d’un masque papier, de lunettes ou d’un sérum physiologique étant considérée comme une velléité violente et pouvant être réprimée.


C’est la porte ouverte aux abus de pouvoir de l’administration, dès lors que ce n’est plus la justice qui doit prononcer l’interdiction au vu des faits sus mentionnés. Pourtant l’arsenal législatif permet déjà de lutter contre la présence d’éléments violents dans ces manifestations, ainsi la loi du 21 janvier 1995, en son article L. 211-13 dite du code de la sécurité intérieure a décidé de créer la peine complémentaire d'interdiction de manifester, susceptible d'être prononcée par un juge à l'encontre de toute personne condamnée pour des faits de violence ou de dégradations commis à l'occasion d'une manifestation sur la voie publique. Peine encourue :  6 mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.

L’autorité de police en place à la Préfecture de Police de Paris devait méconnaître cette loi de 1995.


Lors de l’acte XIII
: pendant quatre heures un dénommé Thomas P. connu de la Direction du renseignement de la police parisienne comme « anarcho-délinquant » a pu sévir en marge de la manifestation. Deux policiers en civil le « pistaient ». Ces policiers ont pris moult photos et vidéos de ses dégradations (vitrines et incendies de véhicules), il ne fut interpellé par des gendarmes mobiles et arrêté de nuire qu’à la fin de la manifestation. Cette arrestation tardive fut vendue comme une réussite des forces de l’ordre.

[Selon
La Dépêche.fr :

" Pendant quatre heures samedi, Thomas P., 25 ans, a été suivi et filmé par les policiers à Paris, à l’occasion de l’Acte XIII des Gilets jaunes. L’itinéraire de saccages de ce militant actif de l’ultragauche se chiffre à plusieurs dizaines de milliers d'euros de dégâts… Mais pourquoi les forces de l’ordre, qui l’ont repéré très tôt samedi, en marge de l’Acte XIII des Gilets jaunes, ont-elles laissé cet individu saccager à tout-va pendant près de quatre heures ? Dans le procès-verbal qui lui est consacré et auquel plusieurs médias ont eu accès, les forces de l’ordre qui le repèrent pour la première fois boulevard Saint-Michel le décrivent comme « particulièrement hostile à la présence de fonctionnaires de police » … Les policiers le voient sortir un marteau de son sac à dos qu’il utilise pour casser les vitres d’une banque Bred, mais ils repoussent son interpellation à plus tard, au vu de l’hostilité du groupe de manifestants dans lequel se tient le suspect.

Faute de pouvoir intervenir, les policiers placent le jeune homme sous surveillance. Il est vu en train de réduire en morceaux les parements de marbre d’une agence d’assurance pour les utiliser comme projectiles contre les forces de l’ordre. En moins d’une heure, six commerces sont attaqués et dégradés. Les caméras de surveillance que Thomas P. croise sur son passage sont détruites méthodiquement, tandis qu’à proximité du boulevard Pasteur, dans le XVe arrondissement, il se déchaîne sur une voiture de police stationnée sur laquelle il projette des barrières de chantier trouvées à proximité. Les forces de l’ordre trépignent, mais doivent encore différer l’interpellation du casseur. Dans le PV, elles évoquent un risque d’émeute… Toujours dans le XVe arrondissement, Thomas P. s’introduit dans une agence Allianz et en ressort avec un ordinateur portable qu’il réduit en miettes sous les vivas de ses complices. Rue des Volontaires, il s’en prend à une agence de la BNP et une concession Renault ou plusieurs voitures d’exposition sont vandalisées.

Il est 16 heures lorsque le groupe arrive rue François-Bonvin et tombe sur la Porsche noire du chef Christian Etchebest. Sous les yeux des policiers qui le surveillent, il casse une vitre et dépose un carton enflammé dans l’habitacle. Une BMW stationnée un peu plus loin est vandalisée… Thomas P. et son groupe arrivent enfin dans le quartier de la Tour Eiffel, où le suspect poursuit ses dégradations. À 16h50, le procès-verbal signale le suspect à proximité de véhicules de la mission Vigipirate, il s'introduit dans l’un des deux. "Notons qu'il ressort de ce véhicule qui prend immédiatement feu", signalent les policiers. Une heure plus tard environ, Thomas P. est arrêté près de l’avenue George-V.

Interrogé sur l’heure tardive de son interpellation, Laurent Nunez, secrétaire d’État à l’Intérieur, a expliqué que "la police ne peut pas interpeller sur le champ tous les casseurs", et réaffirmé " la volonté de l’exécutif d’écarter ces individus des manifestations. Ils n'expriment aucune revendication, ils sont là pour commettre des violences et pour faire tomber nos institutions
"…]


La réalité serait moins reluisante. Les policiers qui suivaient et filmaient le délinquant, auraient prévenu la hiérarchie des dégradations commises et demandé l’intervention d’un « détachement d’action rapide » (D.A.R en langage policier). Outre le fait que ces policiers en civil armés, auraient pu procéder dès la première destruction à l’arrestation du délinquant. La hiérarchie dûment contactée par les pandores aurait refusé l’intervention arguant du travail conséquent de ces D.A.R. trop occupés par ailleurs.

Aubaine pour les cameramen des journaux à sensation : leurs chaînes ont diffusé ces images pendant deux jours.


A qui profite le crime, Monsieur CASTAGNEUR ? … Vous qui, sur toutes les chaînes de télé, radio, et dans tous les journaux avez vanté l’arrestation (tardive) du casseur. Des blogs avec photos montrent pourtant des Gilets Jaunes s’opposant à ces incendies (Dégradation sur une Porsche, des #GiletsJaunes interviennent pour éviter un incendie. Tensions en cours dans le cortège).  Ces images de violences imbéciles auront permis aux gloseurs éditorialistes des chaîne télés et radios de faire joyeusement l’amalgame entre des « gilets jaunes » et leur ultra-violence filmée au long- cours, et commises en marge de la manifestation, avec le bienveillant détachement de la hiérarchie policière.

La très grande majorité des Gilets Jaunes manifestaient pour exprimer leur impatience à se voir proposer des mesures concrètes plutôt que des discours d’intentions, et les « grands ébats » de notre très cher Président. C’est ainsi que MACRON, le Phoenix de nos campagnes, et de la sienne (politique et électorale) pense résoudre cette crise intense, en déconsidérant la lutte légitime du Peuple de France ?

Dans d’autres grandes démocraties, des grands journaux ont dénoncé des manipulations de ce type.  Après diffusion et commentaires des images, à part la Dépêche.fr, le Point et le Parisien (qui ont suivi le casseur dans ses œuvres), aucun des medias d’information français : le Figaro, le Monde, Libé, CNews, BFM, LCI, France 24, France Info, et d’autres du même acabit n’ont proposé un décodage, ni mis en cause la passivité policière. Un seul son de cloches, toutes accordées sur le même ton, et la messe médiatique est dite, véritable caution à une répression accrue de l’expression citoyenne exprimée par la grande majorité des Gilets Jaunes.

Et ainsi justifier de la défiance d’une majorité de français. Halte aux manipulations.



René Hamel
                                   



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Par Oreeat • Actualités • Dimanche 17/02/2019 • 0 commentaires  • Lu 345 fois • Version imprimable

Le ruissellement, mensonge d’état : la preuve

Macron l’avait initié , Hollande l’a fait



Général Electric et le ruissellement de la stalactite.

 

« Participez à la grande braderie des fleurons de l'industrie Française ! » qui disait Hollande. (Ndlr).


Général Electric s'est mis sur les rangs comme acheteur potentiel de la branche énergie d'Alstom en 2015 et a remporté le marché. Marché de dupe soit dit en passant parce que tout était combiné à l'avance par le Pouvoir de l'époque pour que ce soit G.E. qui parte avec ce fleuron de la technologie Française. La contrepartie était la création NETTE de 1000 emplois fin 2018 pour tenter de faire passer la pilule.

Résultat NET = 25 emplois !

C'est le ruissellement ultra libéral dans toute sa splendeur.

Vous comme moi, quand on pense « ruissellement », on pense à une dégoulinade, résultat d'une pluie dense sur les pentes de la « pyramide » sociale. En l’occurrence ne trouvez-vous pas que ça ressemble davantage au goutte à goutte d’une stalactite, qu'au déluge annoncé ?

Stalactite qui nous pond généreusement 25 emplois en 3 ans, soit environ 8,33 emplois par an. Si je compte bien, pour atteindre les 1000 emplois promis il nous faudra attendre plus de 120 ans.

Tu parles d'un ruissellement, pour ce qui me concerne il y aura longtemps, comme vous, que je n'aurai plus mal aux dents.

Foutage de gueule, surtout quand on voit un Lemaire qui avec ses petits poings veut frapper le colosse d'acier G.E. C'est affligeant, 25 emplois et 50 Ms d'euros, mais rien sur les 975 emplois manquants.

Allez, à plus, on se revoit dans 120 ans et on se fait une bouffe avec les sans dents.



Alain Laute, Gilet Jaune et Insoumis


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Par Oreeat • Actualités • Mardi 05/02/2019 • 0 commentaires  • Lu 570 fois • Version imprimable

Pourquoi je manifesterai le 17 novembre comme écologiste et pour l'écologie

Tribune de Jean-Joseph Boilot, agrégé de sciences économgrégé de sciences économiques et sociales et docteur en économie, avec son aimable autorisation


Pourquoi je manifesterai le 17 novembre comme écologiste et pour l'écologie


La France a besoin d’une politique de frugalité, pas d’un État techniciste qui accumule erreur sur erreur.

Les «fake news» volent bas à l’approche de la journée dite d’action citoyenne du 17 novembre. Il y a celles des populistes, celle des enragés au volant de leur SUV. Mais il y a aussi celles du camp opposé qui cherche à tout prix à faire tomber un mouvement populaire dans les bras de l’extrême droite. Au nom de cette menace, certains écologistes ont choisi de rallier le camp des opposants à la journée du 17 novembre. Ils pourraient bien ressembler à ce renard du Panchatantra qui finit écrasé dans le duel des deux taureaux. Ils ont déjà perdu le ministre Hulot. Ils pourraient maintenant perdre le soutien populaire absolument nécessaire au succès de la transition écologique.

Non, je manifesterai le 17 en écologiste et au nom de l’écologie, et ce pour trois raisons.

1) D’abord en tant qu’économiste. Comme pour la cigarette, des hausses saupoudrées n’ont jamais changé les comportements ni compensé les coûts réels d’une addiction. Depuis le choc pétrolier de 1973, on sait qu’il faudrait multiplier le prix des carburants par 5 environ pour inverser la consommation. Ensuite, il existe des solutions bien plus justes et efficaces que des taxes indirectes qui n’épargnent que les riches. C’est l’investissement dans des réseaux de transport et d’habitat écologiques. Or la très forte sensibilité sur le diesel par exemple est le fruit des «erreurs» de politiques économiques passées. Les taxes d’hier ont servi à des investissements routiers surdimensionnés qui alimentent la pollution d’aujourd’hui. Qui peut croire que les déficiences systématiques des réseaux de transport interurbains (RER) et régionaux (TER) ne constituent pas une incitation massive à l’utilisation de la voiture individuelle ? Bref, la France a besoin d’une politique de frugalité cohérente dans les transports et l’habitat, pas d’un État techniciste qui accumule erreur sur erreur dans ses politiques.

2) La deuxième raison est morale. Nous connaissons l’adage : « Ne fais jamais à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse.» Nos plus hauts responsables vrombrionnent autant qu’ils vibrionnent. Ils vivent de ces taxes alors qu’ils sont très loin d’être eux-mêmes engagés dans la transition écologique. Le contraste est ici singulier entre la République impériale française et les pays nordiques ou même l’Allemagne.

Comme le disait un des premiers grands écologistes de l’ère industrielle, Henry David Thoreau, il n’y a jamais de refus de payer des impôts légitimes, mais il y a un devoir de désobéissance civile quand ces impôts ne servent pas le bien commun ou bien qu’ils sont contraires à vos engagements moraux. Et bien, que le gouvernement et son d’administration s’engagent publiquement à la neutralité carbone d’ici 2030-2050. Qu’ils publient chaque année un bilan de leurs émissions de CO2. Leur légitimité à percevoir des taxes écologiques y gagnerait et nous verrions les citoyens français, dont toutes les enquêtes d’opinion montrent qu’ils sont soucieux de l’avenir de la planète, réagir différemment.

3) Il y a enfin une raison de philosophie politique. Le ras-le-bol contre l’État jacobin peut être interprété comme du populisme récupérable par l’extrême droite. Il n’en exprime pas moins l’essence de toute la pensée écologiste qu’on trouve chez ses fondateurs pour qui l’avenir repose sur des fédérations de communautés se prenant en charge elles-mêmes contre des États tentaculaires et totalitaires par essence.

Face aux menaces d’effondrement, Jared Diamond montre qu’il y a deux solutions possibles. L’adaptation par en haut (top-down) ou par en bas (bottom-up). Le cas français témoigne d’un échec de la première, sans doute lié à la formation historique d’un État soumis aux groupes de pression ou grandes écoles qui l’ont porté sur les fonds baptismaux depuis Napoléon voire Colbert.

Il faut alors faire appel au plan B. Il n’y aura de transition écologique en France qu’au prix d’un profond mouvement de décentralisation vers les régions et les territoires, avec une ingéniosité locale, des moyens adaptés aux situations et un principe très simple de responsabilité des élus et acteurs économiques : pollueur-payeur. C’est le cas en Allemagne, ainsi qu’en Suisse où les cantons perçoivent et dépensent près de la moitié des impôts et taxes sans qu’on observe de moins-disant fiscal ou écologique, au contraire. Et il reste une bonne moitié pour les échelons supérieurs et la solidarité.

Beaucoup d’agendas vont se croiser le 17 novembre. Il serait dommage que l’agenda écologiste soit absent de l’offre politique, laissant à nos concitoyens l’agenda que l’on sait brun.



Jean-Joseph Boillot, le 15 novembre 2018, Economiste, auteur notamment de
« Chindiafrique, la  Chine, l'Inde et l'Afrique ferontle monde de démain ». Odile Jacob 2014



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Par Oreeat • Actualités • Jeudi 15/11/2018 • 0 commentaires  • Lu 897 fois • Version imprimable

Nicolas Hulot, démissionnaire irresponsable

Par Olivier Tonneau (publié sur Médiapart)


L'auteur : Olivier Tonneau. Enseignant-chercheur à l'Université de Cambridge et membre de la France Insoumise. Cambridge - Royaume Uni.
Son blog Médiapart : Lettres d'un engagé à ses amis qu'il dérange

Reproduction de l'article avec son aimable autorisation


 

Nicolas Hulot, démissionnaire irresponsable

Par un incroyable tour de force, Nicolas Hulot, démissionnaire, parvient à imputer ses échecs à l'opposition et à la société tout entière plutôt qu'au gouvernement. Une faillite politique, intellectuelle et morale.


« Je souhaite que personne, personne ne fustige le gouvernement ». Nicolas Hulot, au moment même où il quitte le gouvernement, réussit le tour de force de le défendre, coupant ainsi l’herbe sous le pied de ceux qui voudraient en faire la critique. Il loue d’ailleurs « l’affection, la loyauté, la fidélité » dont ont fait preuve à son égard le premier ministre et le président de la république avant de demander : « au quotidien, qui j’ai eu pour me défendre ? » Il répond à sa propre question en accusant l’opposition qui n’a pas su « se hisser au dessus de la mêlée pour se rejoindre sur l'essentiel » et même la « société » qui n’est pas descendue dans la rue pour le soutenir. Incroyable retournement des rôles, qui repose sur un escamotage digne du fameux éléphant dans la pièce : contre qui l’opposition et la société étaient-ils censés défendre Nicolas Hulot, sinon contre ce gouvernement affectueux, loyal et fidèle ?

Défendre Nicolas Hulot, en quoi cela aurait-il dû consister, sinon faire en toutes occasions pression pour affermir les mesures de protection de l’environnement – en proposant l’inscription de la règle verte dans la constitution, en exigeant l’interdiction ferme et immédiate du glyphosate, en luttant pour l’interdiction de la pêche électrique, en combattant la réduction des aides à la reconversion des agriculteurs vers des modèles bio, en luttant aussi contre le démantèlement du rail et la privatisation des barrages ? C’est ce qu’a fait, tout au long des dix-huit mois qui viennent de s’écouler, la France Insoumise.

Je ne suis pas porte-parole de la France Insoumise et je n’y occupe aucune fonction officielle. Après en avoir été candidat aux législatives, je préfère me définir aujourd’hui comme un soutien extérieur plutôt que comme un membre du mouvement, pour des raisons que j’expliquerai peut-être une autre fois. Il n’en reste pas moins que nul ne peut dénier la persistance et la pugnacité avec laquelle ses militants et ses députés ont défendu la cause écologique à l’Assemblée et en-dehors. Qu’un mouvement politique ait à son programme la mise en oeuvre du scénario Negawatt pour la transition énergétique, voilà qui devrait séduire Nicolas Hulot. Pas du tout : il fait comme si aucune opposition politique écologiste n’existait.


C’est qu’il lui reproche son modus operandi : l’opposition devrait « s’élever au-dessus des querelles habituelles » pour défendre l’écologie. Galimatias qui ne signifie rien, mais qui trahit la limite de Nicolas Hulot, limite bien connue du reste : son apolitisme bien de son temps, qui refuse toute forme de conflit et s’imagine une société du consensus parvenant un jour, par la grâce de la « pédagogie », à une épiphanie collective. Il est effarant que Hulot lui-même, après avoir platement échoué à convaincre, n’en soit pas venu à comprendre qu’il fallait lutter, et reporte même la faute de ses échecs sur ceux qui luttent plutôt que de faire, comme lui, des homélies à des menteurs, des caresses à des voleurs.

Quant à cette société civile, comment Nicolas Hulot ose-t-il affirmer qu’elle lui a fait défaut ? C’était à lui, au contraire, de la soutenir et de la porter, ce qu’il n’a jamais fait. Le seul fait positif qu’il puisse mettre à son actif est l’annulation du projet de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes. Mais cette annulation elle-même n’a été décidée que par crainte d’un pourrissement du conflit ; à aucun moment les Zadistes n’ont été crédités de leur résistance, jamais il n’a été dit par Nicolas Hulot qu’ils avaient bien mérité de la biodiversité. Seule dans l’hémicycle la France Insoumise a déclaré que la société toute entière devait des remerciements à son avant-garde mobilisée.

Combien d’associations de lutte contre les pesticides, pour la reconnaissance des maladies qu’ils causent, auraient pu être reçues par le ministre ! Au moment même de sa démission, il aurait pu en prendre occasion pour les médiatiser et les valoriser. Rien de tout cela : Hulot les invisibilise au contraire pour excuser non seulement son échec, mais sa lamentable obstination à croire en un gouvernement qui s’est servi de lui comme alibi. Sans doute l’ex-ministre, qui pourtant déclare qu’il « ne veut plus se mentir », n’est-il pas prêt à s’avouer à quelle profondeur d’aveuglement il s’est laissé sombrer.

Ainsi vient le pire de son discours : la déclaration de culpabilité universelle - « nous sommes tous responsables », « chacun d’entre nous porte les contradictions de notre temps ». Refrain connu que celui de l’accusation vague, indéfinie, dont ne s’ensuivent que l’impuissance générale et le découragement. Tous responsables ? Non. Si la contradiction à résoudre est, comme le dit Hulot lui-même, celle d'un « modèle marchand » (les gens qui n’ont pas peur des mots diront « capitalisme ») et des impératifs écologiques, sont responsables au premier chef ceux qui perpétuent le modèle économique incriminé : le capital, le patronat, le gouvernement et les lobbies qui ont son oreille. Au deuxième rang se trouvent ceux qui sapent la résistance aux premiers en invisibilisant les opposants et en niant les alternatives. Nicolas Hulot est de ceux-là. Sa démission, loin de redorer son blason, y fait une sombre tâche : à la naïveté dont on pouvait, au mieux, le créditer, vient s’ajouter une persistance dans l’erreur qui relève de la lâcheté intellectuelle et constitue une trahison de la cause qu’il prétend défendre.


 


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Par Oreeat • Actualités • Mardi 28/08/2018 • 0 commentaires  • Lu 623 fois • Version imprimable

Un article lumineux : "Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation"

Ou : Le silence caniculaire des économistes. Par Jean-Joseph Boillot


Une tribune publié dans Libération (le 8 août 2018) par Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII.

http://www.cepii.fr/ - Présentation de M. Jean-Joseph Boillot

"Jean-Joseph BOILLOT est Conseiller du Club du CEPII. Spécialiste des grandes économies émergentes dont l'Inde et la Chine, il a élargi son champs d'investigation à l'Afrique depuis son retour à Paris en 2006. [Il partage son temps entre ses NDR] conférences dans de nombreuses institutions [et dans le monde entier et dans son havre de paix dans l'Orne ou il affute ses connaissances naturalistes, là ou il rédige ses ouvrages ; son épouse Brigitte et lui ont créé un biotope extraordianire où ils pratiquent le jardinage biologique NDR] et intervient comme expert auprès d’un grand nombre d'institutions publiques et d’entreprises.

Il est co-Président du Euro-India Economic & Business Group (EIEBG), membre du comité éditorial d’Alternatives Economiques, de Confrontation Europe et Conseiller scientifique a l'ISEG.

Professeur Agrégé de Sciences Sociales et Docteur en Economie, il a été chercheur associé sur l’Inde au CEPII au cours des années 1980 avant de rejoindre le Ministère des Finances en 1990 comme Conseiller économique pour suivre les processus de transition dans les grandes zones émergentes du monde : Europe Centrale et Orientale, ex-URSS, Asie émergente au moment de la grande crise de 1997 et enfin New Delhi pour l’Asie du sud.

Inde Chine Asie Afrique Pays émergents Innovations
"



Reprise d'un texte original, pour partie paru dans Libération, avec l'aimable autorisation de son auteur.


Tribune

Quand le sage montre le climat, l’économiste regarde l’inflation

Par Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII

Alors qu’apporter une réponse économique à la crise climatique relève désormais de l’urgence absolue, les spécialistes persistent à se focaliser sur des indicateurs à la pertinence illusoire. Et les dirigeants se murent dans un « silence caniculaire ».


Le silence caniculaire des économistes


« On entend l’arbre qui tombe mais pas la forêt qui pousse. » Ce proverbe africain bien connu peut être rangé au musée. Désormais, la forêt tombe sous l’effet du changement climatique et ce sont les économistes qu’on n’entend pas. Alors que les climatologues retiennent de plus en plus sérieusement le troisième scénario mis sous le tapis de l’accord de Paris d’une augmentation de 3 à 4 °C de la température de la planète d’ici à 2025-2030, les économistes se sont plutôt passionnés en juin pour la montée à 2 % de l’inflation en Europe, ou pour le demi-point de croissance mondiale que pourrait coûter la guerre commerciale déclenchée par Trump. Puis ils sont partis en vacances comme le Président et son gouvernement dont le seul devoir d’été est de préparer les «grandes» réformes de la rentrée dont le plan pauvreté et la Constitution.

Comme si la grande tâche de l’heure n’était pas le bouleversement climatique en cours et de se lancer dans des réformes fondamentales. Par exemple, pour inverser nos émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent d’augmenter ; ou encore pour reculer drastiquement le fameux «jour du dépassement» tristement fêté le 1er août pour la planète, mais bien silencieusement en France le 5 mai, jour d’épuisement de notre biocapacité annuelle.


Tant mieux si les prix augmentent

On entend les climatologues qui poussent (des cris d’urgence), mais les économistes continuent de tomber dans leur discrédit, qui se mesure par exemple au millimètre linéaire de leur rayon dans les librairies. Et ce n’est pas surprenant. L’inflation, par exemple ? Tant mieux, en réalité, si les prix montent. Les Français ne sont pas des imbéciles. Ils répondent comme tout le monde à des incitations comme les prix ou à des réglementations. Ce qui est vrai pour le tabac est tout aussi vrai pour les émissions de CO2. De même pour l’alimentation aux prix maintenus artificiellement très bas, comme pour la viande ou le lait, grâce à des méthodes de production de plus en plus intensives fondées sur une agrochimie destructrice rendue possible grâce à un système de puissants lobbys.

Ce dernier n’hésite pas à jouer du chantage sur la faim dans le monde pour exporter les trois quarts de la production française alors que cela tue les agricultures des pays en développement. En particulier en Afrique, où l’exode rural s’accélère, premier facteur de migration bien avant les guerres. Ce qui nous ramène au commerce international, dont le libre-échange le plus intégral serait censé apporter des gains de pouvoir d’achat alors que c’est un vaste système de dumping environnemental et social où les prix ne reflètent surtout pas la rareté des ressources de la planète. Tout particulièrement parce que les lobbys du transport maritime et aérien ont discrètement réussi à sortir de l’accord de Paris et ne supportent aucune contrainte sur leurs énormes émissions de CO2 ou leur pollution bien connue, qui n’ont rien à envier à la Chine en bilan total.


Stagnation séculaire ou crash écologique


A de rares exceptions près, les économistes des pays riches sont toujours obsédés par le paradigme du progrès linéaire et quantitatif. Leur véritable traumatisme ces derniers mois a été le débat lancé par l’ancien secrétaire d’Etat au Trésor américain Lawrence Summers sur la stagnation séculaire de la productivité et donc de la croissance, près d’un million d’occurrences sur la Toile. Or, de l’avis de tous les climatologues, seule une division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre permettrait au mieux d’éviter la catastrophe. Et ne nous faisons pas d’illusions. Son impact sur le vaudou du taux de croissance ne peut être que négatif en effet. Le concept de décroissance - pourtant dû à un grand économiste mathématicien, Nicholas Georgescu-Roegen - n’a toujours pas droit de cité dans les manuels d’économie, et très rares sont les travaux de recherche entrepris pour en comprendre les mécanismes et la mise en œuvre.

La quatrième révolution industrielle en cours n’est vue par les économistes standards qu’au travers des points de croissance supplémentaires qu’elle pourrait apporter pour compenser le risque de stagnation séculaire. Elle devrait être, au contraire, un formidable atout pour gérer la décroissance d’une façon intelligente, et notamment inclusive sur le plan social tant l’explosion des inégalités ces dernières années a un lien étroit avec celle des risques sur la planète. C’est ce que vient de montrer une étude passionnante sur le tourisme de masse à l’échelle mondiale qui ne fait que reproduire le mode de vie des élites. Les inégalités de prélèvement des ressources de la planète sont aujourd’hui de l’ordre de ce qu’elles étaient sous l’Ancien Régime.


Même les économistes indiens prennent au sérieux le « Facteur 4 »


Et ici, les économistes savent bien que le seul système d’incitation par les prix pèche en termes d’équité et qu’il n’est d’ailleurs pas toujours le plus efficace en présence de déficiences de marché. Il leur faut donc imaginer des systèmes de taxation, de quotas, de réglementation et surtout de réformes de structures qui permettraient d’atteindre le Facteur 4 d’ici à 2030, c’est-à-dire demain.


Il est tout de même paradoxal que c'est dans un pays comme l'Inde que les économistes ont pris à bras-le-corps le sujet, notamment dans l'équivalent du Rapport sur les comptes de la nation. Le Economic Survey 2018 contient en effet un chapitre entier sur les répercussions du changement climatique sur la production agricole et le revenu des paysans Indiens qui compte tout de même encore pour la moitié de la population active. L’impact estimé à près de 15% semble même sous-évalué par rapport à ce que j'ai pu voir sur le terrain au Bihar ou en Andhra Pradesh. Dans ce dernier Etat, un véritable plan d'urgence a été adopté il y a deux ans visant à convertir à des méthodes entièrement organiques ses 6 millions de paysans avec des techniques proprement indiennes mises au point par une sorte de Gandhi du 21e siècle, Subhash Palekar.

Assez séduit, le nouveau responsable de la Commission du plan, un économiste et ami de longue date, a réuni en urgence en juillet dernier tous les responsables agricoles des États indiens pour envisager son extension à tout le pays tellement les prévisions du changement climatique sont catastrophiques. D’autant que les caisses de l'État sont vides et ne peuvent plus continuer à subventionner généreusement les doses massives d’engrais et de pesticides liés à la vieille « Révolution verte » introduite dans les années 60. Elle était censée apporter la prospérité agricole au pays. L’Inde est même devenue excédentaire en 2018 dans quelques domaines comme le sucre et la viande. Mais les deux tiers des paysans continuent en réalité de souffrir de malnutrition, de voir leur revenu net baisser, et la population en général ne supportent plus ses dégâts environnementaux et sur la santé.

Inversement, la révolution ZNBF ou Zero Budget Natural Farming, est basée sur le concept de « revenu net » et de développement inclusif de tous, et notamment des femmes rurales. Or sur ce terrain, c'est bien ce qui se passe avec la révolution organique. Débarrassé de cette logique productiviste et destructrice pour la santé et l'environnement, les nouveaux rendements des fermiers sont au pire équivalent aux anciens mais leur revenu net du coût des intrants est près de trois fois supérieur tandis qu’ils ont retrouvé leur autonomie alimentaire et de produits sains.



On peut faire l’économie de l’effondrement


Ce qui compte in fine n’est pas le PIB ou le revenu national brut, mais bien le revenu net, notamment de tous les dégâts du soi-disant «progrès», surtout ceux à venir qui constituent une dette vis-à-vis de nos enfants. C’est une révolution conceptuelle pour les économistes. Ils ont commencé leur mutation avec ce fameux rapport commandé à l’ère Sarkozy sous la direction des Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz et Amartya Sen (Richesse des nations et bien-être des individus, Odile Jacob, 2010). Mais ils n’ont toujours pas concrètement franchi le Rubicon dans leurs conseils aux dirigeants. D’où leur silence caniculaire cet été.

Or, les prédictions d’un autre scientifique (Safa Motesharrei) publiées dans un papier remarqué de 2014 (1) mentionnent la probabilité très sérieuse d’un effondrement de notre civilisation lié aux inégalités et à la surexploitation des ressources. Elles rejoignent celles des climatologues et des scientifiques de la nature qui envisagent de plus en plus sérieusement une rupture systémique brutale des grands équilibres de la planète et le scénario graduel très diplomatique de l’accord de Paris. Les économistes connaissent pourtant ce type de phénomène. C’est celui des hyperinflations comme dans l’Allemagne des années 30 ou au Venezuela aujourd’hui. C’est celui des crises financières. Ils savent que pour les arrêter, il faut une réaction radicale des autorités monétaires. Cette fois, la réaction doit être aussi radicale mais dans tous les domaines de la relation entre les ressources de la planète et nos systèmes de production et de consommation. La France a besoin de bien autre chose qu’un plan canicule et les économistes doivent se mobiliser pour en dessiner les contours. Voilà une vraie grande réforme pour la rentrée.

(1) Safa Motesharrei, Jorge Rivas, Eugenia Kalnay : «Methodological and Ideological Options Human and nature dynamics (Handy) : Modeling inequality and use ofresources in the collapse or sustainability of societies», Ecological Economics 101 (2014), pp. 90-102.

Disponible sur : https://ac.els-cdn.com/S0921800914000615/1-s2.0-S0921800914000615-main.pdf?_tid=317a2ad8-50d6-44c5-b54c-b730a2fd356b&acdnat=1533364409_0aa82e134df2738fe6269af42eb90941


 

Jean-Joseph Boillot est l'auteur de « Chindiafrique, la Chine, l’Inde et l’Afrique feront le monde de demain », Odile Jacob 2014


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Par Oreeat • Actualités • Jeudi 09/08/2018 • 0 commentaires  • Lu 670 fois • Version imprimable

« Les Cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait » (Audiard)

Ou : Il n'y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne,

« Les Cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait » (Audiard)

« Les Cons, çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnait »

(Audiard)

Ou
Il n'y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne



Le séisme de l’élection sénatoriale de l’Orne du 1er juillet 2018 est suivi de nombreuses répliques.

Rappelons les faits : Sébastien Leroux largement élu en 2017 sur un consensus de la droite ornaise, vit son élection invalidée par le Conseil d’Etat. Ce poulain d’Alain Lambert (l’ex Président du Conseil Départemental) ne pouvant repartir, le Vieux (comme l’appellent ses intimes) n’écoutant que son courage et mû par une vindicte inextinguible décida contre vents et marées de reprendre le chemin de la meilleure cantine de la république, où il comptait bien y installer son rond de serviette.


Mais pour ce faire, il fallait être élu ; et pour être élu, il fallait être candidat aurait dit la Palice et c’est là que naquirent les premières turbulences.

Tout d’abord, le quarteron de séditieux habitués du coup d’Etat au Conseil départemental rameutèrent le ban et l’arrière ban de ce qui restait des républicains dans l’Orne : les installés députés, dont l’un a embrassé une carrière bien rémunérée, dès le berceau, biberonné par sa patronne la députée Bassot, l’autre versant dans l’expertise comptable, députée par défaut.

A cet attelage, il fallait un cacique, familier des coups bas, ce fut l’ancien sénateur de Mortagne, ancien député de la circonscription, ancien lobbyiste d’EDF et d’ENGIE, ancien instituteur, ancien assistant parlementaire de Francis Geng (l’ex député), ancien Président du SIRTOM (là où il fit ses rencontres les plus fécondes) … Cet amateur de cigares cubains (connu là-bas comme « El ciego de Mortagne »), plus amateur de voitures prêtées qu’achetées, et de cadeaux somptuaires offerts par le gestionnaire des déchets de Colonard-Corubert, Henri-Pierre ROUSSEL qui a gardé capital et intérêts dans le groupe SUEZ…


La bande des factieux prenant corps, il fallait récupérer le Jocrisse de la bande, celui à qui Lambert avait confié à tort les clés du camion Orne, le fat de Balorre.

Ce grand chasseur d’élans devant l’éternel saurait stopper net celui du « ravalant (1) » Lambert. (A propos de clés, il se dit dans le marigot Ornais qu’il aurait confisqué les clés de la voiture de fonction du Président qu’Alain Lambert utilisait encore récemment.).

Les troupes ourdissaient de part et d’autre, s’invectivaient, s’insultaient au fil des rencontres et des agapes plus ou moins secrètes. La mayonnaise séditieuse semblait prendre, il leur fallait un poulain Républicain à présenter, ce fut le pâle maire de Bellême.

L’affouchage (2) du quarteron sur le pied de guerre, c’est le moment que choisit un fidèle de toujours de Lambert, l’Alain Pelleray, pour franchir le Rubicon, flairant l’opportunité de protéger ses arrières, ses prébendes, les sociétés ou il est actionnaire toutes gavées d’argent public, bref, de pérenniser l’existant…

Dans cette affaire, Alain Pelleray méconnaît la loi encadrant son statut :

  • Soit il a réintégré la fonction territoriale alors il est astreint aux obligations de neutralité et de réserve exprimés dans la loi du 13 juillet 1983 portant sur les droits et les obligations des fonctionnaires, dans ce cas, il ne perçoit plus de retraite, et est astreint au devoir de réserve, l’ayant publiquement bafoué, il est passible de poursuites.
  • Soit il est en poste comme intérimaire, venant de son cabinet Fortia+ Consulting et bien qu’il n’y ait guère de contentieux dans ce cas précis, son absence de neutralité politique relève de la faute déontologique grave.

Lui qui depuis trente ans jurait fidélité au maître Alain Lambert, lui, La grenouille se voulant faire bœuf acquiert : domaines, tableaux, forêts et dentelles (au point d’Alençon) ; faisant son ordinaire de l’adage cher à Edgard Faure : « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent qui change ». Il abandonna Alain Lambert aux « abois », au milieu du gué, assuré de recevoir le prix de sa trahison, chez les putschistes.

Pourtant Alain Lambert lui avait tout donné : son honorabilité (en gavant ses sociétés de subsides publics, en tolérant les pas-de-côté de son secrétaire, les entorses aux règles des marchés publics et bien d’autres vilénies) que nous exprimerons devant les juges, le jour venu.

Faire créditer les entreprises de traitement de déchets de toute la famille, ne suffisait plus à Alain Pelleray. Il lui fallait aussi d’autres aides financières et des complaisances inouïes pour développer entres autres la société informatique du fiston, aujourd’hui florissante, et la société de traitement des déchets de la famille. Des exemptions de charges, des marchés d’équipement des collectivités et instances départementales sans mises en concurrence et bien d’autres prébendes…


Le décor posé, la farce pouvait se jouer.

La victoire tendait ses lauriers au transparent roitelet de Bellême, qui, malgré sa bonne volonté affichée, peinera toujours à souffrir la comparaison avec un Alain Lambert, dont on sait les défauts, mais dont il faut bien reconnaître les immenses talents. Je l’ai souvent brocardé, contraint de le blesser pour atteindre Pelleray, toujours caché derrière. Je n’en tire pas gloire, la fin justifiait-elle les moyens ?...

Il est touché le Lambert, mais toujours debout. Méfiez-vous, les Ravaillac au petit pied, le coup de dague l’a seulement effleuré. Il a le cuir épais, et le Phoenix n’est-il pas son oiseau de légende fétiche ? …


Ganelon ce Pelleray ? Un peu, mon neveu !

Il faut lire ses explications alambiquées dans la presse, pour tenter de justifier sa félonie… Cette presse hebdomadaire qui lui avait consacré la une de couverture et une pleine page intérieure pour son faux départ en retraite. Le journaliste lui rappelait alors qu’il n’avait pas que des amis, ce à quoi Pelleray, citait Audiard : « je ne parle pas aux cons, çà les instruit ». Il a raison, ses silences nous ont bougrement instruits… A nous de citer Audiard : « les Cons, çà ose tout, c’est à çà qu’on les reconnait », en parfaits cons que nous revendiquons être, nous osons…

Le bouclier Lambert remisé au panthéon des amitiés trahies, le toujours Isnogoud du département de l’Orne, mais aussi le véritable patron en sous-main, Alain Pelleray, est enfin à découvert : traquer ce gibier (qui dans un autre temps on aurait dit de potence) de la Roche-Vineuse, à Saint-Gervais-du-Perron, en passant par les inventaires du musée de la dentelle du Point d’Alençon, tout cela va nous occuper pendant quelque temps, il y a tant à faire…


« Le pied (3) » est fait, qui voudra participer au « lancer (4) », puis au « débuché (5) », pour « la curée (6) », nous sommes sereins, les épistoliers de tous poils et leurs patrons, tous ceux-là même que nous avions avertis et qui bien informés des faits reprochés aux uns et aux autres, les ont pieusement enterrés, ceux-ci et ceux-là seront-ils là, pour la curée ?...


René Hamel


NDLR : (1), (2), (3), (4), (5) et (6) c’est à dessein que nous utilisons ces termes de vénerie, pour complaire au Président du Conseil Départemental, Président de la société de chasse de l’Orne, bouton d’équipage, et fan des week-ends de chasse à l’élan en Biélorussie, temple de la Chasse et de la Démocratie.

 

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Par Oreeat • Actualités • Vendredi 13/07/2018 • 0 commentaires  • Lu 792 fois • Version imprimable

Alain Lambert ou la rouerie en Politique.



Il est malin, le vieux lion en politique Alain Lambert l’encore candidat aux sénatoriales de l’Orne… Dans un post publié le 18 juin 2018 il annonce ne plus communiquer sur son blog jusqu’au 1er juillet date de l’élection.
Il exhorte ses concurrents à « prendre de la hauteur, de cette hauteur qui convient à la fonction de sénateur ».

En douce, il fait diffuser par ses affidés sur leurs réseaux sociaux une interview réalisée par Radio Sensations Normandie le… 19 juin 2018, soit le lendemain de sa demande de cesser le feu… Lambert est coutumier du fait, le 28 mars 2015, après la clôture de la campagne des élections départementales, Alain Lambert exhorte sur son blog ses militants à se mobiliser « il faut convaincre trois ou quatre de vos amis » pour le vote du lendemain.

Revenons à l’émission radio : lors de l’enregistrement de cette émission nommée Hebdo Politique Normandie n° 28, l’échange avec le journaliste est si complaisant qu’il ressemble à un pro domo promotionnel comme savent en diffuser les américains lors des sénatoriales.

Le journaliste, d’entrée de jeu, lit avec gourmandise le panégyrique de Lambert, jusqu’aux ors de la République, sans oublier les missions d’Etat passées… Et à venir.

Rien sur le nomadisme électoral de notre édile, rien sur ses ennuis judiciaires, à la question du développement des villes moyennes, Lambert critique l’extension inconsidérée des zones commerciales périphériques, des villes moyennes dont il avoue à demi-mot et à demi-ton en être aussi responsable, il ne mentionne pas avec quelle constance il a défendu la zone des Portes de Bretagne…

A propos d’une question du journaliste sur une brasserie emblématique d’Alençon, il réclame (à 23’20 de l’interview) … l’expropriation du propriétaire, sans prononcer son nom néanmoins glissé en douce par son vis à vis, et surtout, il oublie de préciser qu’il avait commis des actes administratifs rendant difficiles l’exploitation de cette brasserie.

Le journaliste a relativisé la bronca qui agite le landerneau départemental, seule, une petite allusion à telle députée, ou tel candidat adversaire… Il survole le Phoenix, toujours dans l’esprit et dans la lettre en véritable patron du département qu’il se sait être…

Au pied, tous ceux qui croyaient l’avoir éloigné du pouvoir ; au pied, et le doigt sur la couture du pantalon.


Bref, ces vingt minutes très complaisantes présentent le cacique Lambert sous le meilleur jour, pour une information complète, nous vous recommandons la lecture de notre blog OREEAT, vous pourrez à loisir y découvrir l’autre face de Janus-Lambert, ses tribulations hasardeuses près d’un industriel du déchet ; ses liens sulfureux avec son ami de toujours et chef de son exécutif, Alain Pelleray, ses omissions et ses mensonges au Conseil Général de l’Orne, ses silences qui valent des aveux, et sa conception toute personnelle du droit qu’il se défend pourtant de respecter.


A quand un journaliste qui osera les questions qui fâchent ?... Lisez-les sur OREEAT.


René Hamel

Pour écouter l’émission : https://youtu.be/EChUzsfWT5g


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Par Oreeat • Actualités • Mercredi 20/06/2018 • 0 commentaires  • Lu 746 fois • Version imprimable

DE JUDAS A GANELON

Petit précis des trahisons dans l’Orne

DE JUDAS A GANELON


De Pavie à Bouvines, nombre de batailles gagnées d’avance furent au final perdues par la traîtrise de commensaux ayant tourné leur veste au dernier moment. Talleyrand disait : « La trahison est plus une affaire de dates que de point de vue » … Il serait bon que les deux félons sous-nommés méditent cette réflexion d’un observateur du marigot politique Ornais.




"La conspiration des poudres" dans l'Orne
 
 

 
Après s’être repus à la table d’Alain Lambert, lesdits Christophe de Balorre et Alain Pelleray, ont fait fissa pour remballer leur rond de serviette afin de changer de cantine…

Dans les batailles, c’est souvent un grain de sable qui vient mettre à bas la plus belle stratégie échafaudée par les militaires. Pour Alain Lambert, ce sera la candidature de Leroux entachée d’une erreur d’appréciation manifeste. Pourtant en parfait Ptolémée, jusqu’ici, Alain Lambert avait excellemment décodé son avenir politique et son ascension sociale.

Fils de bouif, petit clerc, il fut fait notaire par avatar. Politicien par opportunité (la nature ayant horreur du vide), il « déboulonna » ensuite son mentor d’Andigné, s’asseyant dans son fauteuil de Président du Conseil Général. Un personnage plein d’ambition vint se caler dans son ombre : Alain Pelleray.

On verra que jusque ces derniers jours, ils cheminèrent dans les pas l’un de l’autre ; Lambert devant allant jusqu’aux ors de la République, Pelleray toujours derrière en homme d’affaires avisé, usant et abusant de ses prérogatives pour enrichir toute la famille, parfois aux dépens de la moralité publique.

Alain Lambert, par convenance personnelle crut bon d’adouber comme successeur à la présidence d’un Conseil devenu Départemental, un certain de Balorre, à qui il avait facilité l’avènement sur les strapontins du pouvoir. C’est malheureusement la première et lourde erreur d’appréciation d’Alain Lambert : vouloir faire de lui son champion. « Sur un hippodrome, l’Ane reste un âne… » me disait un ami, philosophe à ses heures et couvreur-chaumier de profession, il disait aussi : « change ton âne en évêque, il ne te dira pas la messe en latin » … On pourrait citer aussi Woody Allen qui, à propos de cinéma, ironisait : « L'avantage d'être intelligent, c'est qu'on peut toujours faire l'imbécile, alors que l'inverse est totalement impossible » .

Est-ce la confiance aveugle d’Alain Lambert, sa fidèle en amitié, sa rouerie légendaire, l’inobservance du monarque sûr de sa puissance ou la distraction de l’âge qui fit de ces deux thuriféraires des traitres en devenir ?... Avant le chant du coq, ils devinrent Judas… Ces deux commensaux renièrent leur maître à penser et s’empressèrent de rejoindre la cohorte des quelques jeunes loups du département, ceux qui déjà avaient ourdi un putsch contre Lambert. Ce n’est pas glorieux pour de Balorre, mais c’est bien calculé une fois de plus pour Pelleray, qui a compris vite, qu’en changeant de monture, il pourrait pérenniser ses prébendes et magouilles départementales.

Mais attention, les traqueurs au petit pied, le lion est à terre, mais il n’est pas mort… Déjà une fois, les Jason ’s boys du Conseil départemental ont tenté la sédition, en pure perte … Ils remettent ça ! Le pari est risqué, Lambert, resté par sa seule grâce vice-président aux finances du conseil départemental de l’Orne, a encore autour de lui, tel Napoléon, son dernier carré.

De plus, il a créé sa machine de guerre Orne Métropole, dont il a seul les clés de la boite à outils… Philippe Labro a écrit : « tomber sept fois, se relever huit » … Titre transposable à la situation Ornaise ? Vivrons-nous Austerlitz, ou Waterloo… Dans le meilleur cas on peut craindre pour une droite divisée un capharnaüm départemental, dans l’autre, pour Lambert un exil à Singapour, plus accueillant que Sainte-Hélène… Attention les putschistes certaines batailles ne vous couvriront pas de gloire…

L’actualité électorale de la sénatoriale du 1er juillet dans l’Orne aura une saveur particulière. Verra-t-on le sabordage du navire en pleine tempête ou un départ vers Singapour en guise d’ile d’Elbe… Où notre Napoléon à nous fêterait son proche anniversaire, ou alors, assisterons-nous une autre fois à la renaissance du Phoenix…… Réponse le 1er juillet…

René Hamel


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Par Oreeat • Actualités • Lundi 18/06/2018 • 0 commentaires  • Lu 771 fois • Version imprimable

Sacré LAMBERT… la mascarade continue…


Président multicarte du Conseil Départemental de l’Orne, et chef palefrenier de l’écurie de ses affidés, Alain Lambert démissionna de son fauteuil de Président pour cause de maladie opportuniste. Il fit adouber son thuriféraire, de Balorre, comme nouveau président.
Conservant néanmoins les rênes du pouvoir comme premier vice-président, il laisse bien sûr en place son condottière de toujours, son ex directeur de cabinet Alain Pelleray pour « garder la boutique ». Le Rastignac Pelleray n’aura pas vu la bronca s’installer… Le poussin de Lambert, Leroux un temps sénateur fut défait par le Conseil Constitutionnel, Lambert se réarme et repart au combat. La majorité départementale se rebelle, et soutient un autre candidat.

Une fake news aurait prétendu que Lambert aurait été vu nuitamment allumer des cierges en la basilique d’Alençon. Pour obtenir les grâces de Saint Pie X, et de St Pierre ? Cela aurait pu être le cas tant il avait bien servi la cause de ces fraternités.

Avant de partir, Lambert avait initié la conclusion d’un bail emphytéotique livrant le palais d’Argentré à Sées, pour 1 000 €/mois, à une société immobilière parisienne au capital de 1 000 € (après avoir réalisé six millions d’€uro de travaux, investis par le Conseil Général). Le but : créer un lycée hors contrat, avec des enseignants de la Fraternité st Pierre, proche de la Fraternité st Pie X. Deux mouvements ultra-catholiques.

Les cierges consumés, sans manifestation tangible des très saints et craignant la défection du petit peuple des grands électeurs de son fief appelés à voter le 1er juillet, Lambert rassemble le ban et l’arrière-ban politique régional et national pour le soutenir, pour sa quatrième élection au fauteuil doré de sénateur.

Il y a trois jours, il annonce à grands renfort de tambour, le ralliement de quatre présidents de départements normands, le lendemain ils ne sont plus que deux.

Les choses du sacré étant par nature impénétrables, les cierges n’ayant plus la valeur d’indulgences qu’on leur prêtait, Lambert aurait-il convoqué un chamane pour aller chercher des soutiens dans l’au-delà ?

Dans la longue liste des soutiens dont il fait état : des scientifiques…, financiers de haut vol… Il y a un soutien, vrai ou inventé qui interpelle la morale, celui d’un édile décédé voilà quinze jours.

Il conviendrait que Lambert publie ce soutien post-mortem. Voilà ce qu’il relate sur son blog : « C’est pourquoi je souhaite que la confiance des élus ornais soit accordée à Alain Lambert pour qu’il soit notre relai (1) commun au Sénat »
– Jean-Claude Boulard, Maire du Mans, Président de Le Mans Métropole, Ancien Sénateur de la Sarthe.


(1) – le S est manquant depuis la réforme de l’orthographe de 1990. Quand on sait que Lambert et Boulard étaient de farouches pourfendeurs des réformes, ce soutien post-mortem a des airs de véracité


René Hamel
 

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Par Oreeat • Actualités • Jeudi 14/06/2018 • 0 commentaires  • Lu 766 fois • Version imprimable

Le Féodalisme dans l’Orne


 

Avis au lecteur :

Ce document se veut un éclairage des pratiques anciennes dans le département de l’Orne, qui firent dire à un haut fonctionnaire arrivant en poste dans le département : « en fait, c’est comme la Corse, les explosions en moins ».

Ces mises en cause ont été faites près des différents préfets et procureurs, sans résultat, alors que leurs prérogatives auraient dû les amener à répondre à l’Article 40 du Code de Procédure Pénale.

Au moment où Lambert revient sous les projecteurs, je me sens obligé de rappeler les faits : Lambert a tenté de m’intimider en me faisant convoquer une fois devant des enquêteurs. J’ai donc produit une partie des preuves de ma bonne foi, le reste des documents sera produit lors d’une autre convocation qui ne saura tarder à la lecture de ces lignes.

 


 

Le 24 septembre 2017, Sébastien Leroux (LR) avait été élu sénateur de l’Orne, des électeurs s’étaient élevés contre une organisation chaotique : entrée en duo dans l’isoloir, absence de contrôle systématique des identités avant le vote, pression inadmissible des collaborateurs du président du Conseil départemental en place, tous supporters du candidat Leroux… Notoirement Alain Pelleray, éminence grise d’Alain Lambert, et directeur de Cabinet de du Président du Conseil Départemental.
 

Le 13 Avril 2018, l’élection de Sébastien Leroux fut annulée par le Conseil Constitutionnel.

Alain Lambert interprétant ce jugement, déclara que Sébastien Leroux pourrait être candidat. Désavoué par la Loi, un synode fut tenu en urgence pour parer à l’infâmante décision de justice, et se venger des porteurs du recours.

Le 14 Mai 2018, annonce que pour la quatrième fois, Alain LAMBERT redevient candidat aux sénatoriales, pour succéder à Sébastien Leroux, son proche collaborateur défait. Il affiche la couleur : « À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle ! ».

De quelle situation exceptionnelle parle-t-il ?
  • De la recherche d’une immunité parlementaire qui le protégerait d’une improbable mise en examen suite à ses déboires avec la section financière du parquet de Paris, affaire non solutionnée dont nous lui donnons le quitus de la présomption d’innocence ?
  • D’une manœuvre qui le ferait démissionner aussitôt élu au bénéfice de sa suppléante ?
  • Venger l’invalidation de son poulain Leroux, et compter sur sa notoriété pour être réélu, les rênes du département étant dans sa main et de celles de son âme damnée Pelleray…
 

Rappelons qui sont les Lambert et Pelleray dont les premiers solliciteront les suffrages des grands électeurs le 1er juillet prochain.

Qui est Alain Lambert : le Janus aux multiples faces ? Un opportuniste SDF ? Un nomade, un parjure ? Un faussaire ?


 
SDF ET NOMADE
 

Conseiller général du canton d'Alençon-3 (1985-1992 puis 2004-2009), il en démissionne avant les élections craignant la défaite, délogea le candidat en place dans le canton de Putanges pour s’y faire élire 2009-2015… Voulant se rapprocher d’Alençon, il éjecta le candidat choisi, pour faire duo avec Douvry, étoile montante de la politique locale (2015 à ce jour).
  • Maire d'Alençon (1989-2002)
  • Vice-président du conseil régional de Basse-Normandie (1986-1989)
  • Président du District de l'agglomération alençonnaise (1989-1996) puis de la Communauté urbaine d'Alençon (1996-2004 puis 2006-2008)
  • Trois fois Sénateur de l'Orne (1992-2001, 2001-2002 et 2004-2010)
  • Conseiller départemental du canton de Putanges-Pont-Écrepin (2009-2015)
  • Conseiller municipal de Saint-Céneri-le-Gérei
  • Conseiller départemental du Canton de Damigny (depuis le 2 avril 2015)
  • Président du conseil départemental de l'Orne (2007-2017)
  • Vice-Président du Conseil départemental de l’Orne, depuis ses « ennuis de santé »
 

Sans oublier quelques fonctions gouvernementales
  • Ministre délégué au Budget du 7 mai au 17 juin 2002)
  • Ministre délégué au Budget et à la Réforme budgétaire du (7 juin 2002 au 30 mars 2004)
 

Ainsi que quelques hochets :
  • 13 octobre 2010, Conseiller-maître à la Cour des Comptes
  • En décembre 2012, il est chargé d’une mission de modernisation de l'action publique pour établir une liste de normes à abroger pour les collectivités territoriales. Après la remise du rapport prônant la suppression de niveaux intermédiaires dans le feuilleté politique, il transforme l’Orne en camp retranché. (Orne Métropole, Orne Ingénierie, structures qui à terme, confisqueront les pouvoirs des collectivités territoriales adhérentes).
Lambert est l’homme des postures d’opportunité : sénateur responsable de la commission des finances, il débat en assemblée, contestant la suppression de l’adossement, puis, soutient un texte prônant la suppression de l’adossement (1) pour la construction de nouvelles autoroutes, les nouveaux fuseaux devront s’autofinancer. Rentré à Alençon, il fustige cette décision…
  • Il est nommé au poste de médiateur des normes applicables aux collectivités territoriales le 11 mars 2014.
 


En inimitié un gant de velours dans une main de fer, un poignard dans l’autre, en amitié un homme d’une extrême obligeance pour ses thuriféraires :

 
LES AMITIES PARTICULIERES (toutes rémunérées sur fonds publics)
 

Il a recasé (ou tenté de le faire), tous ses fidèles dans les structures sous son autorité (un, particulièrement, a été gâté : Alain Pelleray premier servant-servi, et sa famille, des extraits à voir dans notre blog OREEAT (2)) :
  • La SEP de la famille Pelleray (Alain y est actionnaire) fut en partie financée par les fonds revitalisation Moulinex, FEDER, FEOGA, régionaux, Départementaux et réserves parlementaires, d’Alain Lambert et d’Yves Deniaud.
  • Les locations avantageuses aux sociétés des Pelleray et les exemptions de charges des anciens locaux FACON, faites par Lambert et Roimier alors qu’Alain Pelleray était le directeur de Cabinet de Lambert.
  • Les pages de publicités gratuites sur les blogs de Lambert, du CEDO et d’Orne Développement.
  • Les terrains négociés directement par Alain Pelleray près du maire de Sées et acquis à 0,15 €/m2 (qui valaient 4 € pour les autres potentiels acquéreurs) pour les besoins de la SEP, société de valorisation de déchets appartenant à son fils Thibaut dont Alain Pelleray était actionnaire dès la création. Ce département qui venait d’obtenir la prérogative élaboration du plan de gestion des déchets.
  • Les injonctions du même Pelleray Alain sur le bureau de la directrice de l’environnement de la Préfecture de l’Orne au moment de la création de la SEP par post-it jaune : « pour tout problème, appeler Alain Pelleray au o6……46 ».
  • Les marchés passés par la Communauté Urbaine d’Alençon (SEP, déchets verts), le Conseil Général (WIFI avec WICONNECTS une autre société de la Famille Pelleray) sans appels d’offres.
  • L’usage des biens publics du Conseil Général à des fins privées.
  • Les travaux d’entretien du domicile des sièges des sociétés Pelleray (SEP, SEP VALORISATION) par les agents du conseil général.
  • L’aménagement d’un carrefour à feux « intelligents » à la sortie de la SEP sur la D138, conçu par le bureau d’urbanisme du département et payés par le même département. Alain Pelleray rétorque que cela évitera 7 000 kilomètres par an… A qui ? A ses camions et véhicules de service de la SEP…
  • Le gardiennage gracieux des activités de la SEP à SEES par la société de gardiennage OMEGA prestataire du Conseil Général.
  • L’enrobé d’une partie de la plateforme de SEP à SEES faite par la société prestataire du Département en matière de travaux routiers sans que l’on puisse mettre la main sur la facture acquittée qui puisse témoigner du paiement.
  • Enfin, même si la présomption d’innocence doit s’imposer, convient-il de noter que la section financière du Parquet de Paris est saisie du dossier LAMBERT-PELLERAY pour favoritisme et prise illégale d’intérêt...
 

Alain Pelleray prévaricateur de toujours, s’autorise à commenter le refus de subvention du Conseil départemental à la Banque Alimentaire (France3 Normandie du 29 mars 2018) : « Aujourd'hui, la Banque alimentaire fait appel à la générosité publique et la générosité publique c'est pas obligatoirement celle des collectivités ».

Alors même qu’il fut, lui et ses proches, grassement arrosés par ces finances des collectivités et même que parfois, Alain Pelleray se sera servi abusivement, là où il sévissait.


Faut-il louer ou blâmer Alain Pelleray pour sa passion pour la dentelle au point d’Alençon ? … A quand une reconnaissance de cette passion par les services compétents ? ...A quand l’application de l’article 40 du C.P.P. ?...

Enfin, convient-il d’évoquer un autre post-it, jaune aussi celui-là, portant sa signature qui mit à mal la stratégie de justification de Lambert alors Président du Conseil Général qui, en assemblée pléniaires jura n’être pas intervenu sur ce dossier en annonçant une enquête ? Depuis trois années, nous attendons cette enquête de police pour faux en écritures publiques que devait demander Lambert… Sans plainte, pas d’enquête… Et si le faux était un vrai ?... Et s’il y avait parjure d’Alain Lambert ?... Ou alors un autre Article 40 du C.P.P bafoué (non dénonciation de crime ou de délit ...) ?


NDLR : Les Alain, Lambert et Pelleray, dûment informés des faits délictueux ci-dessus n’ont pas réagi, ni les divers préfets, ni les procureurs d’Alençon, et encore moins les 40 conseillers généraux, informés par courrier à leur domicile…

 
Et c’est cet attelage là que nos grands électeurs vont envoyer au Sénat ?...

Citoyennement, René Hamel


(1) Adossement : Jusqu'à la fin des années 90, l'Etat utilisait la procédure dite de l'adossement pour développer le réseau autoroutier. Les nouvelles sections d'autoroutes étaient financées par les péages prélevés sur les sections plus anciennes. Pour compenser la dégradation de la rentabilité moyenne de l'activité du concessionnaire, la durée du contrat de concession était généralement allongée.
(2) Voir sur le blog
OREEAT supplique à dame Douvry du 2-11-2016



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Par Oreeat • Actualités • Lundi 11/06/2018 • 0 commentaires  • Lu 717 fois • Version imprimable
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